Quand la morosité envahit les esprits, quand l’inquiétude ne cesse de rebondir, quand le trouble bouscule ou bascule quelques clartés au rang d’anciennetés, quand sous le silence se cache l’incompréhension, quand la fatigue se transforme en épuisement, il est difficile de sourire. L’art nous permet une véritable évasion qui nous ressource quelques instants. Prendre le temps de rencontrer un tableau ou une sculpture qui réveille en nous des émotions agréables, reste un temps vraiment précieux. Aller visiter un salon, une foire, une galerie, aller au cinéma, au théâtre, au spectacle, comme une escapade, devient presque un luxe. Surtout ne l’oublions pas ! Surtout ne négligeons pas ces moments d’aventures intimes, de nourritures essentielles !
sur les trottoirs de son quotidien
elle marche en silence
et écoute le ciel, le vent ou le soleil
qu’elle ne reconnait plus
sur les sentiers de sa vie
il avance les yeux grands ouverts
et trébuche sous les informations
qui tombent en pluie continue
il, elle, eux, nous, vous, ils
dans le carré existe un rond
dans le rond existe un carré
le triangle est jaloux
et déploie ses ailes pour exister
il s’affirme et fait le coq
la poule monte sur le tas de fumier
l’odeur d’ammoniac est oppressante
la fourmi danse sous l’orage
à l’ombre d’un vieux chêne
une vache rumine
la neige fond et ne s’accroche pas
et pourtant les guirlandes de décembre
murmurent un joyeux Noel
un nouveau Noel
une nouvelle année
plonger et avancer à brasse coulée
le sourire à chaque coin de rue
émerveillé quand la lune s’endort
comme un enfant qui ouvre les yeux
Bénédicte Giniaux
Poème de Noël 2024